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Calculating the true ROI of the 4-day week

« On ne peut pas se le permettre »

Vu de la trésorerie, l'équation semble perdante : payer 100 % pour 80 % du temps. C'est ce calcul partiel qui bloque la plupart des dirigeants. Mais il ignore la moitié de l'équation : les coûts qui disparaissent (absentéisme, turnover, recrutement) et la productivité qui se maintient. Un ROI honnête met les deux plateaux dans la balance.

Pourquoi ça marche

Les données à grande échelle contredisent l'intuition du coût pur. Dans le pilote britannique 2022-2023, les revenus des entreprises sont restés stables voire en hausse malgré 20 % de temps en moins, et 92 % ont continué — ce qu'aucune direction ne ferait à perte. Le principe 100-80-100 repose précisément là-dessus : la contrepartie du temps réduit est le maintien de la productivité. LDLC a constaté une baisse des arrêts maladie et du turnover, deux postes de coûts bien réels. Le ROI n'est pas une pétition de principe : il se chiffre.

Comment faire

  1. Posez le coût apparent. La masse salariale reste identique pour ~20 % de temps de présence en moins. C'est le plateau « coût » de la balance.
  2. Chiffrez la productivité maintenue. Si la production tient (grâce à la suppression des réunions et interruptions inutiles), le coût apparent est en grande partie neutralisé. Mesurez-la, ne la supposez pas.
  3. Valorisez l'absentéisme évité. Chaque point d'absentéisme en moins = journées travaillées récupérées + coûts de remplacement évités. Chiffrez à partir de votre base actuelle.
  4. Valorisez le turnover évité. Le remplacement d'un salarié coûte cher (recrutement, intégration, perte de productivité le temps de la montée en compétence). Une rétention améliorée est un gain direct.
  5. Ajoutez les gains annexes. Attractivité (recrutement plus rapide et moins cher), parfois économies d'exploitation (Microsoft Japan a mesuré -23 % d'électricité en fermant le vendredi).
  6. Comparez sur 12 à 24 mois. Le ROI d'une transition ne se lit pas sur un mois : lissez sur un cycle complet et confrontez au scénario « sans changement ».

Les écueils à éviter

  • Ne compter que le coût. L'erreur la plus répandue : additionner les charges sans soustraire les coûts évités.
  • Supposer la productivité. Elle se maintient si l'organisation est repensée — pas automatiquement. Mesurez-la vraiment.
  • Oublier les coûts cachés du présentéisme. Absentéisme et turnover pèsent lourd même quand on ne les regarde pas.
  • Juger trop tôt. Les premiers mois incluent des coûts d'adaptation ; le ROI se révèle sur la durée.
  • Ignorer votre secteur. Un modèle qui marche en tech ne se transpose pas tel quel dans un service en flux tendu ; adaptez le calcul (voir le guide « Adaptez votre modèle »).

Checklist

  • J'ai posé le coût apparent (masse salariale / temps de présence)
  • Je mesure la productivité réelle, je ne la suppose pas
  • J'ai chiffré l'absentéisme évité à partir de ma base actuelle
  • J'ai chiffré le turnover évité (coût complet de remplacement)
  • J'ai ajouté les gains d'attractivité et d'exploitation
  • Je compare sur 12-24 mois au scénario « sans changement »